La dynamisation de l’eau : une étape majeure du travail biodynamique

La dynamisation de l’eau : une étape majeure du travail biodynamique

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La dynamisation est un des piliers de l’agriculture biodynamique. Techniquement parlant, elle consiste à faire tourner de l’eau dans un sens puis dans l’autre afin d’alterner des vortex c’est à dire des tourbillons, comme ceux que l’on voit apparaitre au fond d’une baignoire lorsque l’eau s’évacue. Symboliquement parlant, elle exprime la succession de l’ordre (la formation du vortex) et du désordre (la destruction du vortex). Deux états apparemment contradictoires et qui, pourtant, sont les deux modalités constitutives de la vie.

La vie est dualité

Toutes les cosmogonies[1] ne manquent pas de faire référence à cette dualité dans leurs tentatives d’explication du monde : la lumière et les ténèbres dans la Bible, le yin et le yang dans le Tao, le bien et le mal dans le Manichéisme etc. En tant qu’être humain, nous sommes aussi traversés par ces deux mouvements : nous passons par des phases de tumulte puis de calme, de désordre puis de rangement, de doutes puis de certitudes, de haine puis d’amour etc.  L’origine même de notre existence, la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, peut être comparée à un immense chaos, un Big Bang à partir duquel va se déployer l’ordre : la formation des premières cellules puis leur multiplication à l’infini selon une structure très précise.

La nécessité de l’ordre et du chaos

Pourquoi une telle dualité ? En quoi l’alternance de l’ordre et du chaos conditionne-t-elle l’existence de la vie ? Car s’il n’y avait que de l’ordre il n’y aurait pas de vie. L’ordre est nécessaire mais, à l’excès, il a tendance à verrouiller et à empêcher au potentiel, à l’inattendu de s’exprimer. Un peu comme un régime totalitaire qui, petit à petit, fait disparaître les espaces de liberté qui sont eux même à l’origine de toute créativité. Inversement, l’excès de chaos ne permet pas à la vie de s’exprimer car il manque alors une structure, un cadre pour la contenir. On peut prendre l’image d’un vase : sans lui, l’eau se rependrait sur le sol, le bouquet ne pourrait pas être conservé et la vie contenue dans ce bouquet (au sens propre comme au sens figuré : l’intention de faire plaisir) ne pourrait pas s’exprimer. Ou bien celui de l’enfant : sans cadre éducatif contenant, sans règles délimitant le possible de l’impossible, l’enfant ne pourrait pas se construire et exprimer son potentiel. Il faut donc de l’ordre et du chaos pour que la vie s’exprime.

La vie est information

Mais de quelle vie parle t’on ? De la vie en tant que matière ? En tant qu’âme ? En tant qu’esprit ? Au delà de tout cela : de la vie en tant qu’information. Pour Pierre Henri Gouyon [2], le vivant est de l’information qui se transmet, depuis l’origine de la vie sur terre, via l’hérédité. Cette information peut prendre différents supports (les différentes espèces) qui eux vont mourir, mais l’information reste et c’est cela qui fait la caractéristique du vivant. D’un point de vue biologique, cette information s’exprime sous la forme de l’ADN. D’un point de vue biodynamique, cette information s’exprime sous la forme d’une vibration. Une dimension très difficile à appréhender et à mesurer mais qui, pourtant, conditionne nos vies bien plus qu’on ne l’imagine… « On est pas sur la même longueur d’onde », « on a pas d’atomes crochus», « elle dégage de bonnes vibrations » ou bien « j’ai rien capté » : autant de petites phrases que nous utilisons au quotidien sans même nous rendre compte du niveau de perception auquel elles renvoient. Les informations que nous recevons, au delà des mots et des attitudes, sont celles émises par le champ vibratoire des êtres avec qui nous interagissons (voir à ce sujet l’article sur les intentions). D’où le malaise que nous pouvons ressentir, parfois, en face de certaines personnes dont les paroles ne sont pas alignées sur les informations qu’elles émettent réellement.  

Le rôle de l’eau

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Considérant cette dimension vibratoire, une attention toute particulière doit être accordée à l’eau qui possède, en effet, une très grande capacité à capter, véhiculer et transmettre des informations. Une simple observation de sa composition moléculaire permet de l’expliquer : avec son atome d’oxygène et ses deux atomes d’hydrogène assemblés en forme d’oreilles de Mickey, l’eau est toute ouïe si l’on peut dire ! 

Malheureusement, de nombreux facteurs environnementaux viennent aujourd’hui perturber ce potentiel informationnel : les pesticides, les particules fines, les ondes électromagnétiques, les hormones, les antibiotiques etc. Sachant que nous sommes composés à plus de 70% d’eau, je vous laisse réfléchir aux conséquences de ce constat pour notre santé… Nos cellules baignent, au sens littéral du terme, dans un océan d’informations et il est de notre responsabilité d’être vigilent à la qualité informationnelle de ce bain. Sachant également qu’en biodynamie nous utilisons l’eau comme vecteur informationnel, pour apporter aux sols et aux êtres vivants les informations dont ils ont besoin [1], il est crucial que cette dernière soit la moins brouillée possible afin que les informations soient transmises correctement. D’ou le fait de la dynamiser car la dynamisation possède également une autre fonction : celle de rétablir le potentiel informationnel.

 

La dynamisation comme source de restauration informationnelle

 

Cette fois ci, le mécanisme sous jacent s’apparente à celui du « bug » : un peu comme lorsque nous prenons un coup sur la tête et que, pendant quelques secondes, nous ne savons plus qui nous sommes, ni où nous habitons. Nous sommes littéralement K.O (chaos… !!!) et parce que ce dans ce fragment de seconde nous avons fait reset, tout est potentiellement possible. Il en est de même pour l’eau dynamisée : elle se retrouve restaurée, remise à zéro. Et donc totalement disponible pour transmettre les informations que nous lui envoyons via les préparations biodynamiques.

 

 

Conclusion

La dynamisation de l’eau a donc une fonction essentielle dans la biodynamie. Outre sa dimension symbolique (expression de l’ordre et du chaos) elle est le seul moyen qui permet de redonner à l’eau sa puissance informationnelle.  Revers de la médaille : l’eau est extrêmement sensible aux perturbassions et il est donc de notre responsabilité de veiller à la qualité informationnelle de nos environnements. En nous rendant compte, par exemple, que nos états intérieurs peuvent avoir une influence sur la qualité de l’eau. Bienveillance, positivité, calme et empathie ne sont donc pas de vains mots. Ils sont la couleur du bain que nous offrons à nos cellules et à nos vies

[1] Théories avancées par les Hommes pour expliquer l’origine de la formation du cosmos

[2] Pierre Henri Gouyon et Jean Pierre Bibring, « Qu’est ce que le vivant ? » La conversation scientifique, France Culture, le 26 décembre 2006.  Pour approfondir le travail de Pierre Henri Gouyon, se référer à l’ouvrage qu’il a écrit avec Louis Dessalles et Cédric Gaucherel, Le Fil de la vie :  la face immatérielle du vivant, Odile Jacob,

[3] Nous diluons les préparations (bouse, silice, tisanes, purins) dans de l’eau avant de les pulvériser sur les sols.

Cet article a 2 commentaires

  1. Claude Thiry

    Très intéressant et 100 % d’accord avec vous, on retrouve tous ces p^rincipes dans la biodynamie appliquée aux différentes branches de l’agriculture: élevage, producyions céréalières, maraîchage, viticulture et arboriculture fruitière..le vivant avant tout, perceptible…
    Bravo pour ce blog !

  2. Emilie

    Merci Claude pour votre soutien indéfectible 🙂

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